Faites de collants, les toiles abstraites et installations de la plasticienne sud-africaine Turiya Magadlela dénoncent les violences systémiques de race et de genre. 

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C’est une arche rouge et rose immense que l’on emprunte en fin de parcours. Deux cents mètres carrés de collants découpés et cousus ensemble, à la manière des quilts afro-américains du XIXe siècle ou du Patchwork des noms, courtepointe commémorative des victimes du sida, commencée en 1987. Turiya Magadlela ne l’a pas brodée seule : à Soweto, le township où elle vit avec ses cinq enfants, les femmes de sa communauté lui ont prêté main-forte. Collective donc, l’œuvre était la porte de sortie toute trouvée de l’exposition « Ubuntu, un rêve lucide » au Palais de Tokyo, qui diffuse cette « pensée agissante » alliant humanité et réciprocité : « Cette voûte qu’il faut traverser pour quitter les lieux mène vers une autre façon d’être au monde, un possible en-commun », augure la commissaire Marie-Ann Yemsi. Son titre, Mashadi Would Say II, est tiré d’un poème de la mère de l’artiste, retrouvé dans un tiroir. Il renvoie aussi au combat de la Sud-Africaine Oshadi Jane Mangena (1931-2015), infirmière et activiste anti-apartheid, engagée à son retour d’exil pour le droit des femmes et des personnes vulnérabilisées.


Exprimer la condition sociale par la créativité du tissu

Magadlela trouve dans l’histoire coloniale, jamais passée, et la condition féminine, matières à réflexion : collants donc, sous-vêtements « longtemps réservés aux peaux claires » qu’elle étale sur des cadres en bois comme de la peinture, mais aussi draps et uniformes de prisonniers. Autant de textiles qui archivent les violences faites aux corps. « Tout le travail de Turiya parle de cette physicalité », estime Marie-Ann Yemsi. D’ordinaire allusif, son sens est parfois explicite : ainsi de Yes, it was definitely on twitter where I saw a mutilated vagina de la série Inequities (2021), où des bas nylon bruns et gris cousus de fil rouge sont à deux doigts de craquer.

Portrait de Turiya Magadlela ©️Collection SG

Portrait de Turiya Magadlela ©️Collection SG

En bref

1978
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Naissance de Turiya Magadlela à Johannesburg, Afrique du Sud.

1999-2001
Étudie les beaux-arts à l’université de Johannesburg.

2013-2014
Poursuit sa formation à la Rijksakademie d’Amsterdam.

2015
Reçoit le FNB Joburg Art Prize.

2017
Participe aux expositions « Blue Black » à la Fondation Pulitzer Arts à Saint-Louis, « The Past is Present » à la galerie Jack Shainman à New York, et « Les jours qui viennent » à La Galerie des Galeries à Paris.

2018
Finaliste du Prix Jean-François Prat.

2019
Biennale d’Istanbul et exposition « Material Insanity » au MACAAL à Marrakech.

2021
« A Few Good Friends – Motho Fela », exposition personnelle à la LatchKey Gallery de New York.

À voir

L’exposition « Ubuntu, un rêve lucide », Palais de Tokyo, 13, av. du Président-Wilson, 75016 Paris, www.palaisdetokyo.com du 26 novembre au 20 février.

À consulter

Le site de sa galerie : https://www.latchkeygallery.com/

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Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

Art contemporain : l’art textile de Turiya Magadlela, une arme contre les violences racistes et sexistes – Connaissance des Arts
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