Le docteur Robert Proust et Adrien Proust, sur le balcon de leur appartement de la rue de Courcelles, entre 1900-1903. Photo anonyme. Le docteur Robert Proust et Adrien Proust, sur le balcon de leur appartement de la rue de Courcelles, entre 1900-1903. Photo anonyme.

Si incongru que cela puisse paraître, aucune exposition ne s’était jusqu’ici penchée sur les liens qui unissent Marcel Proust à la ville de Paris, où l’écrivain a vu le jour et où il a passé la plus grande partie des cinquante et un ans de son existence. « Les choses évidentes mettent parfois du temps à se faire », concède Anne-Laure Sol, conservatrice en chef du patrimoine au Musée Carnavalet-Histoire de Paris, qui profite du 150e anniversaire de la naissance de l’auteur de La Recherche pour réparer cet oubli.

L’intérêt d’avoir attendu autant, c’est que l’exposition « Marcel Proust, un roman parisien » est riche, très riche. Photos d’époque, peintures, documents manuscrits, affiches publicitaires, mobilier, accessoires de mode…

Au total, 280 pièces sont présentées, dont certaines jamais montrées au public, comme cette touchante photo du jeune Marcel à 15 ans, l’œil déjà charbonneux et le duvet sur la lèvre. « Nous avons sollicité 35 institutions et 19 prêteurs privés. Mais un tiers des œuvres provient aussi de nos collections », précise Valérie Guillaume, directrice du Musée Carnavalet.

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Destinée aux connaisseurs de l’œuvre de Proust mais aussi aux néophytes, l’exposition est scindée en deux. La première partie se penche sur le Paris où l’auteur a vécu. De l’appartement d’Auteuil, où il est né, en 1871, jusqu’à celui de la rue Hamelin, non loin de l’Arc de triomphe, où il est mort, en 1922, l’écrivain n’a jamais quitté la rive droite de la capitale. « Il a connu sept domiciles, tous situés dans les 16e et 8e arrondissements, où se déroulait l’essentiel de la vie mondaine. Proust était fondamentalement un Parisien », assure Jean-Yves Tadié, écrivain et vice-président de la Société des amis de Marcel Proust.

Influence sur l’œuvre

L’une des pièces maîtresses de cette partie de l’exposition est la chambre de Proust, avec le lit en laiton dans lequel l’auteur travaillait – et où il a rendu l’âme –, sa chaise longue, sa pelisse et sa canne… Un morceau du liège qui tapissait les murs de l’alcôve est aussi exposé. « Proust vivait les rideaux tirés, écrivait dans son lit la nuit, n’aérait jamais parce qu’il avait une peur maladive du froid… On a même retrouvé sur les montants du lit des traces de datura, une plante toxique qu’il fumigeait dans sa chambre pour soigner son asthme », précise Mme Sol, qui assure aussi le commissariat scientifique de l’exposition.

Mobilier ayant appartenu à Marcel Proust présenté au Musée Carnavalet, dans le cadre de l’exposition « Marcel Proust, un roman parisien ». Mobilier ayant appartenu à Marcel Proust présenté au Musée Carnavalet, dans le cadre de l’exposition « Marcel Proust, un roman parisien ».

La seconde partie s’attache davantage à l’influence que la ville de Paris a eue sur l’œuvre de Proust. Chroniqueur mondain au début de sa carrière, le dandy écumait les soirées chics et fréquentait la haute société et les artistes, Jean Cocteau, André Breton, Alphonse Daudet, Colette… Autant de rencontres qui ont nourri les personnages de La Recherche. « Mais il connaissait aussi les milieux populaires, à travers les domestiques qu’il employait », assure M. Tadié. De nombreux documents permettent de se replonger dans ce Paris de la fin du Second Empire jusqu’aux bombardements de la première guerre mondiale, que Proust endurait en se réfugiant au Ritz.

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Exposition : Marcel Proust, un Parisien au Musée Carnavalet – Le Monde

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