La cité des falaises accueillera dès mai prochain, une biennale d’art contemporain consacrée à la Méditerranée. Portée par l’association De Renava, elle vise à instaurer un dialogue entre le patrimoine de Bonifacio et de l’Alta Rocca et la fine fleur de la création contemporaine

C’est un projet d’ampleur qui se prépare derrière les remparts de l’enclave génoise de Bonifacio. Une manifestation culturelle sur mesure, qui pourrait bien faire de la cité du gouvernail, le fer de lance artistique de la Corse.

Dès mai 2022, et pour six mois, Bonifacio deviendra le théâtre d’une biennale d’art contemporain. Baptisée De Renava, elle sera “dédiée au champ émergent de l’art vidéo et des expérimentations liées aux nouvelles technologies”, selon Dominique Marcellesi, à la tête du projet avec la curatrice Prisca Meslier, tous deux originaires de Porto-Vecchio.

Une douzaine d’artistes d’envergure internationale seront représentés. L’artiste insulaire Ange Leccia, également plébiscité par la ville de Bastia pour son clip de candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2028, en fait partie. Si, à ce stade, De Renava ne communique pas encore sur les autres artistes, quelques noms circulent déjà, parfois représentés dans les collections les plus prestigieuses ainsi que dans les biennales les plus courues. La sélection d’artistes devrait être officiellement annoncée début 2022.

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Ceux-ci présenteront leurs œuvres dans des écrins conçus ad hoc par des architectes corses, comme le cabinet Orma, spécialisé dans les interventions contemporaines en milieu patrimonial, ainsi que Marion Valli et Marion Lottin. Ces écrins devraient prendre place dans six sites emblématiques de la cité des falaises : la chapelle Saint-Roch, la caserne Montlaur, l’impluvium génois, le jardin du bastion et la Cisterna, mais aussi un ancien cinéma de la haute ville. “La biennale permettra d’ouvrir au public des sites qui sont habituellement fermés, comme le jardin du bastion ou la caserne”, explique Roxane Piriottu, adjointe déléguée au tourisme. Le projet bénéficie notamment du soutien de la ville de Bonifacio et de la CdC.

“Un terrain de jeu idéal”

L’idée est d’instaurer un dialogue entre le riche patrimoine – naturel et culturel – de la région et la création contemporaine, parfois dans ce qu’elle a de plus avant-gardiste. Des pavillons d’artistes, “perdus dans la nature”, devraient également sortir de terre en Alta Rocca. “L’objectif est de faire en sorte que la Corse devienne un foyer pour l’art contemporain. C’est un terrain de jeu idéal”, estime Prisca Meslier. Parmi ses sources d’inspiration, l’institut Inhotim, au Brésil, à la fois jardin botanique et centre d’art contemporain. Ou encore Naoshima, véritable île artistique du Japon. Cet événement devrait permettre de “proposer une perspective engagée”, sur la Méditerranée, qui est la thématique centrale de la biennale. Cette première édition devrait être consacrée au thème “du mouvement, qui façonne les identités méditerranéennes, à l’image des vagues migratoires ou des échanges matériels et immatériels”, détaille Dominique Marcellesi.

Rompre avec l’élitisme

“C’est l’occasion de s’ouvrir à d’autres formes d’art et de les rendre accessibles aux Bonifaciens, mais aussi aux visiteurs”, s’enthousiasme Roxane Piriottu. Une vision partagée par De Renava : “Il s’agit d’amener en Corse des œuvres qui sont trop souvent cantonnées aux grands centres artistiques mondiaux, principalement urbains”, confirme Prisca Meslier, qui insiste sur sa volonté d’ouvrir au plus grand nombre, une discipline souvent perçue comme “élitiste”. La curatrice fait également valoir la valorisation de l’artisanat local que porte cette manifestation, notamment le traitement du bois, à travers notamment les structures élaborées par les architectes.

Reste qu’avec cette biennale, la cité méridionale s’ancre encore davantage dans sa politique de valorisation de son patrimoine, déjà amorcée avec certains chantiers comme la restauration du Torrione ou son projet de Grand site. Elle semble également confirmer sa volonté de s’inscrire dans un tourisme culturel plus exigeant.

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Vers une grande biennale d’art contemporain à Bonifacio – Corse-Matin
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