Ils viennent de franchir le pas de la voiture sans permis pour leur fille de 15 ans. « Cela fait un an qu’elle nous harcèle pour qu’on lui achète, je trouvais qu’elle était vraiment jeune », confie Sofia, mère d’une lycéenne scolarisée à Allauch, près de Marseille. « C’est un vrai phénomène, c’est le scooter d’avant, observe-t-elle. Ils appellent ça une “sans P”, il y a en a plein sur les parkings de lycée. » Ce qui lui a fait changer d’avis ? Les trajets à répétition pour aller au lycée et aux activités : « C’est pour qu’elle puisse être indépendante, notre quartier est mal desservi, le lycée est à dix minutes en voiture, mais à une heure de bus. »

« Au début, quand le succès a commencé, je m’en foutais, je trouvais que ça servait à rien, il y a des transports, mais quand j’en ai vu de plus en plus, je me suis dit que cela pouvait être pas mal », continue sa fille, à présent heureuse propriétaire d’une Ligier gris foncé, achetée 7.500 euros d’occasion via Le Bon Coin. Avec des « options cool », comme le Bluetooth pour écouter la musique. Pour le moment, elle ne l’a pas encore conduite. Elle doit passer avant le brevet de Sécurité routière, soit huit heures de formation, dont trois de conduite. Et sait déjà les règles imposées par ses parents : pas de téléphone au volant, pas de Snapchat, et pas de troisième passager dans le coffre.

Entre 9.000 et 16.000 euros pour du neuf

« On a un châssis dans le hall, du moment où les parents le voient, ils ont tout compris, ils sentent leurs enfants en sécurité, contrairement au scooter », témoigne Nadège Gérard, responsable commerciale chez JMB Autos, concessionnaire de voitures sans permis à Marseille. Les coups de fils n’arrêtent pas. « On a doublé nos ventes en quelques années, et la pandémie a encore accéléré les choses, les gens ne veulent plus que leurs enfants prennent le bus », affirme-t-elle. Le gros succès de la maison ? La JS50 de Ligier, en gris « Audi ».

Selon elle, il faut compter entre 9.000 et 16.000 euros pour une voiture sans permis neuve. Et de 5.000 à 10.000 pour une occasion. « Depuis que la loi a avancé à 14 ans, au lieu de 16, l’âge pour conduire ces voitures, ce n’est plus seulement la jeunesse dorée qui les achète », affirme-t-elle, expliquant qu’un crédit sur plusieurs années, jusqu’aux 18 ans de l’enfant, devient alors intéressant. Surtout que le marché de l’occasion se porte très bien. « On a très peu d’occasions, indique Frank Bellavia, responsable de la concession Marseille sans permis. Toutes ces voitures sont surévaluées à la revente, on ne perd pas forcément beaucoup entre l’investissement de départ, si on la garde deux ans. On passe pas mal de crédits. »

Effet boule de neige

Il commercialise les gammes Aixam, l’un des fabricants traditionnels avec Ligier, Microcar, Chatenet ou Bellier, sans compter Citroën qui a lancé en mai 2020 l’Ami, une voiture électrique sans permis en forme de petit cube. « Notre clientèle historique, c’était plutôt les personnes n’ayant jamais pu avoir le permis, ou ayant un handicap, poursuit-il. La tendance s’est inversée, on vend plus aux jeunes. C’est au final un scooter carrossé, c’est rassurant pour les parents. »

« Après, il y a un effet boule de neige, les parkings des collèges et des lycées, cela devient des halls d’exposition maintenant ! » La tendance s’observe beaucoup devant les établissements privés, plutôt situés au sud de la ville. A l’entendre, il n’est pas que local, même si les immatriculations des voitures sans permis ont progressé entre 2016 et 2020 de 30 % dans les Bouches-du-Rhône et de 45 % dans le Var et les Alpes-Maritimes, et même doublé en Corse, selon AAAdata, expert des données sur le parc automobile français. « En Italie, ça cartonne », assure-t-il.

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Marseille : Le boom des voitures sans permis au lycée, où « les parkings deviennent des halls d’exposition » – 20 Minutes

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