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Au fil des échanges avec l’artiste, les participants s’approprient le projet et profitent de cette immersion dans le monde de l’art contemporain. (©MC Nouvellon/76actu)

Ce n’est pas au bruit des conversations qui y résonnent habituellement mais au son des machines à coudre que vibrait, la semaine passée, l’une des salles de réunion du SPIP, le Service pénitentiaire d’insertion et de probation du Havre (Seine-Maritime).

Le temps d’une semaine, un petit groupe de personnes placées sous main de justice en milieu ouvert (condamnées à porter un bracelet électronique, à du sursis, des TIG…) a franchi les portes du bâtiment non pas pour ses habituels rendez-vous de suivi mais pour dessiner, découper, coudre et créer. Sous l’impulsion du Portique, l’art contemporain s’est invité ici.

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Se rapprocher d’un public éloigné de la culture

Pour cette résidence d’artiste, la cinquième du genre, c’est Ronan Lecreureur qui est venu transformer ce bout de bureau en atelier. Le plasticien a proposé à ces partenaires d’un jour de travailler sur les détails de l’architecture de la ville, pour les revisiter sous forme de maquette en tissu. 

« Sur le coup, j’ai trouvé ça un peu bizarre, admet l’une des participantes. Mais finalement c’est sympa. » Reconnaissant qu’elle n’avait « même jamais entendu parler du Portique » avant que son conseiller ne lui souffle l’idée de suivre ce programme, elle se prête finalement au jeu. « J’étais assez manuelle avant, je faisais du dessin, glisse-t-elle. Et puis la vie a fait que j’ai arrêté, je n’avais plus temps, plus l’envie. »

Avec l'atelier, cette participante retrouve le goût du travail manuel.
Avec l’atelier, cette participante retrouve le goût du travail manuel. (©MC Nouvellon/76actu)

Alors même si une aiguille casse au passage, elle avance à son (bon) rythme sous l’œil attentif de Ronan. « J’ai déjà fait des workshop dans des collèges, ou avec des étudiants en art », explique l’artiste. 

Peu importe le contexte finalement, ce qui est important c’est la transmission, de proposer des projets qui rapprochent les gens de l’art, à des personnes qui n’ont pas l’habitude d’aller aux expositions. Ça désacralise.

Ronan LecreureurArtiste en résidence

Insuffler une nouvelle dynamique dans le suivi

Pour le conseiller qui pilote ce projet baptisé « Art Gateways », intégré au dispositif Culture/Justice et financé par la Drac et la Région, c’est en effet l’occasion « de faciliter l’accès à la culture et aux biens culturels. Cela permet aussi de travailler le savoir-être, le savoir-faire, d’insuffler une nouvelle dynamique. On n’est pas dans un entretien individuel face à face, ici chacun apprend, essaie de nouvelles choses, peut aussi faire valoir ces compétences… »

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À l’issue des cinq jours de résidence au Spip, le projet est présenté au sein du Centre d’art contemporain. (©MC Nouvellon/76actu)

Comme à chaque session, qui dure une semaine, la résidence au Spip se conclut sur une restitution ouverte au sein du Portique. L’occasion de présenter le travail accompli par l’équipe « qui mène le projet de A à Z, de sa conception à sa présentation ».

Un moment important pour le centre d’art contemporain, heureux de créer du lien « avec un public habituellement très éloigné de nous. Les artistes sont toujours plus que partants pour participer au projet : ce public non acquis est toujours plein de questions sur ce que l’on fait, cela pousse à interroger nos pratiques, détaille Akané Ward, en charge de la médiation au sein de la structure. C’est du donnant/donnant, on apprend beaucoup avec eux. »

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L’art contemporain s’invite au Spip du Havre, mêlant création et réinsertion – actu.fr
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