“Le slogan choisi pour l’exposition, Fureur!, Passion! Éléphants, aurait pu être “sex, drug and rock’n’roll, mais c’était déjà pris”, s’amuse Sylvain Amic, commissaire général de l’exposition, pour souligner la modernité de l’ouvrage de Flaubert de 1862, son plus grand succès de son vivant avec Madame Bovary.

Salammbô explore les rapports de classes, la crédibilité de la parole politique, le poids des religions ou encore la question de l’émancipation des femmes”, résume le directeur de la réunion des Musées métropolitains Rouen-Normandie qui a porté ce projet avec le Mucem. L’exposition, élément majeur des célébrations du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert (1821-1880), est à Marseille de mercredi jusqu’au 7 février.

“Salammbô”, princesse et prêtresse carthaginoise, pure invention de l’écrivain qui en a fait la soeur aînée du célèbre Hannibal qui fit trembler Rome avec ses éléphants, soulève les passions en pleine “guerre des Mercenaires”. Un conflit qui oppose, au IIIe siècle avant JC, Carthage aux
barbares qu’elle a employés contre Rome et qui se révoltent pour ne pas avoir perçu leur solde. “C’est à la fois Eros et Thanatos, amour et mort, sexe et guerre”, explique Sylvain Amic, rappelant les nombreuses représentations artistiques de Salammbô nue dansant avec un serpent, ou celles des batailles mettant en scène des éléphants, directement inspirées du roman.

Au fil des décennies, Salammbô s’est imposée comme un thème majeur des arts, dans l’opéra, la peinture, la sculpture, l’illustration mais aussi le cinéma, la photographie, la bande dessinée et plus récemment le jeu vidéo. Pour illustrer ce foisonnement, l’exposition présente 250 oeuvres issues de collections publiques et privées françaises et européennes aux côtés d’antiquités prêtées par les musées du Bardo de Tunis et de Carthage.

Parmi les pièces remarquables figurent le premier des cinq volumes du manuscrit original de Flaubert prêté par la Bibliothèque nationale de France, une tapisserie de la manufacture des Gobelins de 9 mètres de haut, une huile ornementale incrustée de pierres artificielles de Carl Strathmann, figure de l’art nouveau allemand, prêtée par le musée de Weimar (Allemagne), ou encore un sarcophage de marbre blanc exhumé en 1902 d’une nécropole carthaginoise.

A noter également une version de Salammbô par le surréaliste Max Ernst et des planches du dessinateur Philippe Druillet, qui a signé un triptyque marquant dans l’histoire de la bande dessinée. Signe de l’impact de ce roman, Salammbô a donné son nom à une commune
tunisienne près de Carthage.

Exposition Fureur!, Passion! Éléphants au Mucem à Marseille jusqu’au 7 février 2022.

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A Marseille, le Mucem explore le mythe “Salammbô” pour le bicentenaire de la naissance de Flaubert – GEO

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